Cheffe de projet
« J’aime l’énergie du chantier naval »
Bretonne du Finistère, fille d’un officier de la marine marchande, Morgane Renaux a grandi auprès des navires. « Je pense que c’est ça qui m’a donné envie de faire des études de marine marchande. » À 26 ans, après une formation d’ingénieure à Nantes et quelques années comme superintendante, elle pose ses valises en Martinique. Cheffe de projet à Martinique Shipyard, elle coordonne les prestataires lors des arrêts techniques : chaudronnerie, peinture, échafaudage. « Le but, c’est vraiment de s’assurer que tout le monde puisse travailler en même temps, dans les meilleures conditions, en respectant le planning et le budget. »
Ce qu’elle aime dans ce métier, c’est l’énergie. « On a toujours des corps de métier en mouvement. On ne s’ennuie jamais. » Son souvenir le plus fort depuis son arrivée : un navire trimé sur l’arrière pour accéder au propulseur d’étrave, des plongeurs dans le tunnel, une impression de naufrage imminent. « On avait l’impression que le navire coulait. Savoir qu’on coordonne ce genre de réparation, je trouve ça très valorisant. »
Dans un milieu encore majoritairement masculin, Morgane trouve sa place. « On me fait remarquer qu’il y a peu de femmes, mais toujours de manière positive. Ici, les équipes sont bienveillantes. » Pour elle, c’est surtout son âge qui surprend plus que le fait d’être une femme. En dehors du chantier, elle ne ralentit pas : kite, planche à voile, surf et bientôt sa licence de pilote privé. Elle confie qu’elle aurait bien aimé faire pilote de ligne. « Mais je me plais beaucoup au chantier », conclut-elle.