Dockmaster
« Il n’y a pas d’école pour être dockmaster »
Rémi Rodrigues a entamé un nouveau chapitre professionnel à Martinique Shipyard.« Je suis dockmaster. » Un métier qui consiste à orchestrer les manœuvres les plus délicates du chantier : poser et lever les bateaux dans le bassin, avec une précision millimétrée.
Arrivé en octobre 2024 à Martinique Shipyard, il découvre cette fonction sur le tard, après 25 ans dans la Marine nationale. « J’ai beaucoup voyagé », raconte-t-il, des Antilles à l’Asie, en passant par l’Afrique. Une carrière dense, achevée comme chef de secteur, qui l’a conduit naturellement vers le chantier naval. « Il n’y a pas d’école pour être dockmaster. C’est un métier qu’on apprend sur le tas. »
Au quotidien, Rémi Rodrigues, 46 ans, jongle entre gestion d’équipe et exigence technique. Étude des plans, anticipation, coordination. « Avant que le bateau soit posé, il y a une multitude de choses à penser. Chaque bateau est différent, chaque posée est différente. » Une complexité qu’il aime vivre au quotidien. « On travaille sur ce qui est sous la ligne de flottaison, un monde à part. »
Ce qui le motive aujourd’hui, c’est autant la responsabilité que l’intelligence collective. « Quand le travail est bien fait, il y a une vraie satisfaction d’équipe. » Mais derrière cette apparente fluidité, il évoque une réalité moins visible : « Les gens ne voient pas la charge mentale, l’accumulation de données, les projections. » Tout repose sur la rigueur, la vérification, et une part d’incertitude permanente. « Même deux bateaux identiques sur le papier ne le sont pas forcément en vrai. »
Son arrivée marque aussi un tournant personnel. « J’ai voulu voir autre chose pour mes dernières années de travail. » Et ici, il trouve bien plus qu’un poste : « Un esprit de famille » et le sentiment « d’être utile à quelque chose », au cœur d’une entreprise en construction.
Avec la mer, le lien est ancien et essentiel. « J’ai ce besoin d’habiter à côté », confie-t-il. Plus qu’un décor, elle est un repère. « Être connecté avec la mer », dit-il.