Comptable
« Un travail de fourmi »
Dans l’open space de Martinique Shipyard, Sophie Saint-Louis est celle qui veille sur les chiffres. Comptable depuis toujours, en cabinet d’expertise comme en entreprise, tous secteurs confondus, elle n’avait jamais imaginé travailler un jour sur un chantier naval. « Je ne savais même pas qu’il y en avait un en Martinique. » Quand elle apprend qu’elle est recrutée, elle est « vraiment contente ». À bientôt 41 ans, et presque un an dans l’entreprise, elle ne regrette rien.
Son rôle ? « Justifier les flux financiers. » Pour chaque dépense, une facture. Pour chaque bon de commande, une correspondance. Un travail de justification permanent, souvent invisible. « C’est un travail de fourmi. » Elle saisit les écarts, relance les équipes, traque les duplicatas. Au quotidien, Sophie Saint-Louis est efficace et pragmatique !
Ce dont elle est fière : s’être approprié la gestion commerciale en quelques semaines, sans formation. « J’ai pris la main tout de suite. »
Ce qu’elle aime par-dessus tout au chantier, c’est la cohésion. « À aucun moment je n’ai entendu un collègue se plaindre d’un autre. » Son bureau est d’ailleurs central, la plupart des salariés passent lui dire bonjour ou s’assoit pour discuter. Elle apprécie aussi l’esprit rassembleur du directeur, les petits rituels collectifs à chaque départ de bateau, le sentiment que chacun compte.
Martiniquaise, originaire de Saint-Joseph, elle passe ses week-ends à Sainte-Anne, une commune de pêcheurs. La mer, ce n’est pas son monde à elle, mais elle y revient toujours. Et son travail, elle le voit « sans stress », dit-elle pour résumer. Et ça se sent.